Un journaliste isolé aurait du mal à résister à des pressions de la part du groupe pour lequel il travaille. Collectivement, c'est plus facile, telle est la thèse qui ressort de ces assises.

En France, il est de notoriété publique que des groupes extérieurs au domaine des médias possèdent des publications. Ces groupes ont des intérêts ailleurs, par exemple dans le domaine de l’armement ou du luxe, ce qui pose un problème de conflit d’intérêts.

Selon l'un des orateurs, 25% des journalistes seraient fragilisés par les pressions qu’ils subissent. Pour Michel Diard (SCAM), on assisterait à une recrudescence des pressions et au retour de la censure. C’est pour cela que "la rédaction devrait être présente dans le conseil d’administration."

Jusqu’à quel point l’entreprise de presse est une entreprise comme les autres ?

Si les médias accomplissent une mission de service public, la qualité de l’information doit être garantie. Ainsi, "les journalistes doivent renouer le dialogue avec leur public et, seulement ensuite, se soucier des actionnaires ou des annonceurs" affirme François Malye, ancien président du Forum des sociétés de journalistes. Un titre de presse, comme une radio ou un site internet, est une entreprise dont les intérêts sont aussi de l’ordre de l’immatériel : l’information doit se distinguer de la communication et ne pas être soumise aux lois du marché.

Selon Jean-Michel Dumay (Forum des SDJ) "le journal, risque de devenir un produit commercial alors qu’il devrait être est un outil démocratique et un instrument de culture". Pour Patrick Eveno (chercheur à l’Université Paris I) cette reconnaissance de la notion d' "équipe rédactionnelle" doit être collective parce que "la qualité ne peut pas être du ressort de l’individuel".