Enquête: Peut-on rendre obligatoire l'hébergement des SDF ?
15 février 2009 à 16h20
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Alors que la vague de froid qui avait envahi la France ces dernières semaines touche à sa fin, la question de l’hébergement obligatoire des SDF a refait surface à l’initiative des ministres du Logement et de l’Intérieur. Il n’en fallait pas plus pour déclencher un tollé de la part des responsables associatifs.
Rencontres au CHRS du Cœur des Haltes, à Neuilly-sur-Marne, dans les locaux de l’hôpital Maison Blanche.
Pascal : « Quand on est obligés d’aller dans un centre, on n'a simplement pas envie d’y rester. Avant Noël, mes potes et moi avons été amenés à la Chapelle (le centre d’hébergement d’urgence du Cœur des Haltes, NDLR), je me suis barré à 2h du matin. »
Thibault : « De toute façon les conditions d’accueil ne sont pas terribles, surtout la sécurité : tu dois dormir tout habillé, sur ton sac, avec tes chaussures attachées autour du cou… sinon tu risques de te faire voler. »
Patrick : « En dix-huit ans de rue, je trouve que les centres ont empiré. Il y a beaucoup de problèmes. L’hygiène d’abord. Les dortoirs sont à peu près propres mais, malgré les draps jetables, j’ai attrapé la gale ! Et les toilettes sont souvent bouchées. Et puis, il y a trop de monde. Dans les bus, c’est la bagarre pour avoir une place et la plupart finissent debout. A l’arrivée, certains dorment par terre dans les couloirs. Sans parler des SDF alcooliques ou drogués qui perturbent les autres et peuvent être violents... Les solutions d’accueil ne sont pas adaptées. »
Robert, en couple avec Christiane : « Pour un couple, c’est difficile de trouver des places ensemble en centre d’accueil, surtout dans les centres d’accueil d’urgence. Nous, on ne pouvait pas dormir dans le même bâtiment. Et, le matin, c’est pas toujours facile de se retrouver. C’est pareil pour ceux qui vivent entre amis dans la rue ou pour les jeunes qui ont des animaux. »
Martial : « Autant simuler un malaise et passer la nuit à l’hôpital, on y est mieux qu’en centre ! […] Je pense que cette mesure sert juste à couvrir le politique, à lui donner bonne conscience. Alors qu’il est à court de solutions. Ça ne fait vraiment pas avancer les choses pour nous… Le matin, à sept heures, on te ramène dans la rue et, chaque soir, tu dois de nouveau chercher un centre où passer la nuit. Il n'y a aucun suivi. Pour moi, ce genre de mesure ne passera pas… »
Vendredi 26 décembre, la plus importante vague de froid depuis 2003 s’installe sur la France. La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie visite le Centre d'hébergement et d'assistance aux personnes sans abri (Chapsa) de Nanterre (92), pièce maîtresse du plan grand froid en région parisienne. À sa sortie, comme il est coutume de faire, elle insiste sur la nécessité de multiplier les accueils. Avant d’ajouter être en faveur l’hébergement obligatoire des SDF en cas de grand froid, en vertu d’une « attitude simplement humaine ». Des déclarations qui relancent la polémique déclenchée en novembre par la ministre du Logement Christine Boutin, promotrice aujourd’hui repentie de l’hébergement obligatoire. Au cœur du débat, le caractère « liberticide » d’une telle mesure, négatrice de la volonté des SDF.
Le principe même d’obligation d’accepter d’être mis à l’abri est en effet très ambigu ; au même titre d’ailleurs que l’obligation de se soigner ou les hospitalisations d’office. Les défenseurs de l’hébergement obligatoire des SDF en période de grand froid plaident la non-assistance à personne en danger. C’est le cas de Michèle Alliot-Marie, pour qui « c’est le même problème que quelqu’un qui veut se suicider. Soit on le laisse faire, et il meurt, soit on le prend en charge ». Une telle proposition serait donc justifiable, même si elle n’a pas à l’heure actuelle de fondement en droit français ou européen. Selon Dominique Noguères, avocate et militante de la Ligue des droits de l’homme, il est envisageable que cette proposition puisse devenir une loi, « mais si un SDF décidait de porter plainte suite à son transport forcé dans un centre, il pourrait parfaitement gagner son procès sur le principe de la liberté à disposer de soi-même ».
Si une telle proposition devait aboutir à une loi, se poserait alors la question des moyens mis à disposition des associations pour l’hébergement des SDF. La France est le premier pays européen pour les crédits à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Selon Julien Damon, enseignant à Sciences Po Paris, de presque rien dans les années 1980, le budget de l’Etat consacré aux sans-abri est passé à plus d’un milliard d’euros en 2006. Sans compter les dépenses des collectivités territoriales, représentant plusieurs dizaines de millions d’euros.
Pourtant les places d’hébergement de nuit manquent encore en hiver, alors que les sollicitations auprès du Samu social et des autres maraudes sont plus importantes. Selon Didier Pierre, directeur de l’Action sociale à la Croix Rouge française : « en hiver, nous sommes face à un véritable problème de réalisation, à savoir créer des places pour accueillir tout le monde ». Géraldine Franck, chargée de mission à la direction parisienne de la FNARS , confirme : « Les chiffres avancés par les pouvoirs publics n’ont pas de sens. L’hiver, en plus des places ouvertes toute l’année, on installe des lits dans des lieux inadaptés comme les gymnases ou les accueils de jours, qui ont pour seul avantage d’être chauffés. Il faudrait plus de crédits pour mettre en place des solutions adaptées ».
Des solutions adaptées, c’est justement ce que défend Nicole Maestracci, magistrate et présidente de la FNARS. Pour elle, se focaliser sur la quantité de places disponibles est une hérésie. « Même avec 1 000 places d’hébergement supplémentaires, des gens dormiront toujours dans la rue. Ce qui importe c’est la qualité de l’hébergement ». Un point de vue largement partagé par les SDF eux-mêmes . « Si on nous proposait des solutions adaptées, comme ici, nous on viendrait sans problème », confirme Pascal, 52 ans, arrivé le 24 décembre dernier au centre de stabilisation du Cœur des Haltes à Neuilly-sur-Marne (94). « Mon plus beau cadeau de Noël », ajoute-t-il.
Or aujourd’hui, les formes d’hébergement proposées aux sans-abri sont assez sommaires: hébergements d’urgence, hôtels sociaux, centres d’hébergement, de réinsertion et de stabilisation (CHRS) et, pendant l’hiver, gymnases et bâtiments publics. Des solutions qui ne prennent pas en compte les spécificités et les parcours de chacun - travailleurs pauvres, couples, familles, personnes avec des animaux, alcooliques, toxicomanes… « Dans la situation actuelle, on mélange des personnes aux profils et aux parcours très différents pour lesquelles la cohabitation est difficile, explique Didier Pierre. Il faudrait des solutions spécifiques ».
Limitée, l’offre d’hébergement des SDF l’est aussi dans le temps, ce que dénoncent l’ensemble des responsables associatifs, dont Nicole Maestracci. « Conditionner l’hébergement des SDF à de basses températures n’est rien d’autre que s’attaquer à un faux problème. Bien d’autres soucis se posent, l’été également, en termes d’accès aux soins par exemple, auxquels ce type de mesure ne s’attaque pas ».
En effet, alors même que l’attention médiatique et politique les rend plus visibles en hiver, les SDF sont toute l’année une population à risque, du fait à la fois de leurs conditions de vie et de leur isolement . Contre toute attente, en 2008, selon les chiffres de l’association Les morts de la rue, la majorité des quelque 330 personnes décédées « dans ou de la rue » s’est éteinte « à la belle saison »… les risques d’hypothermie étant alors bien plus importants et les associations moins présentes sur le terrain.
Pour l’ensemble des responsables associatifs, c’est justement sur ce point que le bât blesse. L’objectif fixé par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne électorale, selon lequel personne ne devait être forcé de dormir dans la rue, et dont se réclament Christine Boutin et Michèle Alliot-Marie, est à la fois « nécessaire » et « de bon sens », mais le diagnostic et, donc, les solutions proposées, ne sont pas adaptés. Rendre obligatoire l’hébergement des SDF, même à l’année, est insuffisant, voire contreproductif.
« On ne résoudra pas le problème par des actions militaires, rappelle Didier Pierre. Les gens ne restent pas dans les lieux dans lesquels ils sont forcés à aller ». Un constat que partage Géraldine Franck. Celle-ci prévoit que les SDF refusant de rejoindre les centres iront se terrer dans des endroits cachés, hors du champ d’action des travailleurs sociaux, « où ils seraient encore plus isolés et vulnérables qu’ils ne le sont déjà ; ce qui poserait un véritable problème sanitaire ».
Pour elle, « c’est sur ces questions que se joue la différence entre l’humanitaire et le social. Il s’agit uniquement d’une mise à l’abri ponctuelle, sans aucune plus-value pour les sans-abri, notamment en terme de réinsertion ». En effet, dans un tel cas de figure, ces derniers seraient reconduits dans la rue au matin et contraints de rejoindre un nouveau centre la nuit suivante. Une « fausse solution » pour Nicole Maestracci. « Gérer l’urgence ne sert à rien, fulmine-t-elle. C’est un serpent qui se mord la queue ! Sans politique publique cohérente sur le long terme le nombre de personnes dormant dans les rues ne diminuera pas. ».
Au centre de stabilisation de Neuilly-sur-Marne, le constat est le même, mais on préfère en rire. Pour Saïd Remli, animateur au centre, qui réalise un documentaire sur la réinsertion des SDF :« c’est comme le pilote d’un avion qui verrait le voyant indiquant une panne s’allumer mais se contenterait de changer l’ampoule. Si on se limite à l’hébergement obligatoire, on passe à côté de l’essentiel ».
Paroles de SDF
Rencontres au CHRS du Cœur des Haltes, à Neuilly-sur-Marne, dans les locaux de l’hôpital Maison Blanche.
Pascal : « Quand on est obligés d’aller dans un centre, on n'a simplement pas envie d’y rester. Avant Noël, mes potes et moi avons été amenés à la Chapelle (le centre d’hébergement d’urgence du Cœur des Haltes, NDLR), je me suis barré à 2h du matin. »
Thibault : « De toute façon les conditions d’accueil ne sont pas terribles, surtout la sécurité : tu dois dormir tout habillé, sur ton sac, avec tes chaussures attachées autour du cou… sinon tu risques de te faire voler. »
Patrick : « En dix-huit ans de rue, je trouve que les centres ont empiré. Il y a beaucoup de problèmes. L’hygiène d’abord. Les dortoirs sont à peu près propres mais, malgré les draps jetables, j’ai attrapé la gale ! Et les toilettes sont souvent bouchées. Et puis, il y a trop de monde. Dans les bus, c’est la bagarre pour avoir une place et la plupart finissent debout. A l’arrivée, certains dorment par terre dans les couloirs. Sans parler des SDF alcooliques ou drogués qui perturbent les autres et peuvent être violents... Les solutions d’accueil ne sont pas adaptées. »
Robert, en couple avec Christiane : « Pour un couple, c’est difficile de trouver des places ensemble en centre d’accueil, surtout dans les centres d’accueil d’urgence. Nous, on ne pouvait pas dormir dans le même bâtiment. Et, le matin, c’est pas toujours facile de se retrouver. C’est pareil pour ceux qui vivent entre amis dans la rue ou pour les jeunes qui ont des animaux. »
Martial : « Autant simuler un malaise et passer la nuit à l’hôpital, on y est mieux qu’en centre ! […] Je pense que cette mesure sert juste à couvrir le politique, à lui donner bonne conscience. Alors qu’il est à court de solutions. Ça ne fait vraiment pas avancer les choses pour nous… Le matin, à sept heures, on te ramène dans la rue et, chaque soir, tu dois de nouveau chercher un centre où passer la nuit. Il n'y a aucun suivi. Pour moi, ce genre de mesure ne passera pas… »
Vendredi 26 décembre, la plus importante vague de froid depuis 2003 s’installe sur la France. La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie visite le Centre d'hébergement et d'assistance aux personnes sans abri (Chapsa) de Nanterre (92), pièce maîtresse du plan grand froid en région parisienne. À sa sortie, comme il est coutume de faire, elle insiste sur la nécessité de multiplier les accueils. Avant d’ajouter être en faveur l’hébergement obligatoire des SDF en cas de grand froid, en vertu d’une « attitude simplement humaine ». Des déclarations qui relancent la polémique déclenchée en novembre par la ministre du Logement Christine Boutin, promotrice aujourd’hui repentie de l’hébergement obligatoire. Au cœur du débat, le caractère « liberticide » d’une telle mesure, négatrice de la volonté des SDF.
Le principe même d’obligation d’accepter d’être mis à l’abri est en effet très ambigu ; au même titre d’ailleurs que l’obligation de se soigner ou les hospitalisations d’office. Les défenseurs de l’hébergement obligatoire des SDF en période de grand froid plaident la non-assistance à personne en danger. C’est le cas de Michèle Alliot-Marie, pour qui « c’est le même problème que quelqu’un qui veut se suicider. Soit on le laisse faire, et il meurt, soit on le prend en charge ». Une telle proposition serait donc justifiable, même si elle n’a pas à l’heure actuelle de fondement en droit français ou européen. Selon Dominique Noguères, avocate et militante de la Ligue des droits de l’homme, il est envisageable que cette proposition puisse devenir une loi, « mais si un SDF décidait de porter plainte suite à son transport forcé dans un centre, il pourrait parfaitement gagner son procès sur le principe de la liberté à disposer de soi-même ».
« Un véritable problème de réalisation ».
Si une telle proposition devait aboutir à une loi, se poserait alors la question des moyens mis à disposition des associations pour l’hébergement des SDF. La France est le premier pays européen pour les crédits à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Selon Julien Damon, enseignant à Sciences Po Paris, de presque rien dans les années 1980, le budget de l’Etat consacré aux sans-abri est passé à plus d’un milliard d’euros en 2006. Sans compter les dépenses des collectivités territoriales, représentant plusieurs dizaines de millions d’euros.
Pourtant les places d’hébergement de nuit manquent encore en hiver, alors que les sollicitations auprès du Samu social et des autres maraudes sont plus importantes. Selon Didier Pierre, directeur de l’Action sociale à la Croix Rouge française : « en hiver, nous sommes face à un véritable problème de réalisation, à savoir créer des places pour accueillir tout le monde ». Géraldine Franck, chargée de mission à la direction parisienne de la FNARS , confirme : « Les chiffres avancés par les pouvoirs publics n’ont pas de sens. L’hiver, en plus des places ouvertes toute l’année, on installe des lits dans des lieux inadaptés comme les gymnases ou les accueils de jours, qui ont pour seul avantage d’être chauffés. Il faudrait plus de crédits pour mettre en place des solutions adaptées ».
Des solutions adaptées, c’est justement ce que défend Nicole Maestracci, magistrate et présidente de la FNARS. Pour elle, se focaliser sur la quantité de places disponibles est une hérésie. « Même avec 1 000 places d’hébergement supplémentaires, des gens dormiront toujours dans la rue. Ce qui importe c’est la qualité de l’hébergement ». Un point de vue largement partagé par les SDF eux-mêmes . « Si on nous proposait des solutions adaptées, comme ici, nous on viendrait sans problème », confirme Pascal, 52 ans, arrivé le 24 décembre dernier au centre de stabilisation du Cœur des Haltes à Neuilly-sur-Marne (94). « Mon plus beau cadeau de Noël », ajoute-t-il.
Or aujourd’hui, les formes d’hébergement proposées aux sans-abri sont assez sommaires: hébergements d’urgence, hôtels sociaux, centres d’hébergement, de réinsertion et de stabilisation (CHRS) et, pendant l’hiver, gymnases et bâtiments publics. Des solutions qui ne prennent pas en compte les spécificités et les parcours de chacun - travailleurs pauvres, couples, familles, personnes avec des animaux, alcooliques, toxicomanes… « Dans la situation actuelle, on mélange des personnes aux profils et aux parcours très différents pour lesquelles la cohabitation est difficile, explique Didier Pierre. Il faudrait des solutions spécifiques ».
« Un serpent qui se mord la queue ».
Limitée, l’offre d’hébergement des SDF l’est aussi dans le temps, ce que dénoncent l’ensemble des responsables associatifs, dont Nicole Maestracci. « Conditionner l’hébergement des SDF à de basses températures n’est rien d’autre que s’attaquer à un faux problème. Bien d’autres soucis se posent, l’été également, en termes d’accès aux soins par exemple, auxquels ce type de mesure ne s’attaque pas ».
En effet, alors même que l’attention médiatique et politique les rend plus visibles en hiver, les SDF sont toute l’année une population à risque, du fait à la fois de leurs conditions de vie et de leur isolement . Contre toute attente, en 2008, selon les chiffres de l’association Les morts de la rue, la majorité des quelque 330 personnes décédées « dans ou de la rue » s’est éteinte « à la belle saison »… les risques d’hypothermie étant alors bien plus importants et les associations moins présentes sur le terrain.
Pour l’ensemble des responsables associatifs, c’est justement sur ce point que le bât blesse. L’objectif fixé par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne électorale, selon lequel personne ne devait être forcé de dormir dans la rue, et dont se réclament Christine Boutin et Michèle Alliot-Marie, est à la fois « nécessaire » et « de bon sens », mais le diagnostic et, donc, les solutions proposées, ne sont pas adaptés. Rendre obligatoire l’hébergement des SDF, même à l’année, est insuffisant, voire contreproductif.
« On ne résoudra pas le problème par des actions militaires, rappelle Didier Pierre. Les gens ne restent pas dans les lieux dans lesquels ils sont forcés à aller ». Un constat que partage Géraldine Franck. Celle-ci prévoit que les SDF refusant de rejoindre les centres iront se terrer dans des endroits cachés, hors du champ d’action des travailleurs sociaux, « où ils seraient encore plus isolés et vulnérables qu’ils ne le sont déjà ; ce qui poserait un véritable problème sanitaire ».
Pour elle, « c’est sur ces questions que se joue la différence entre l’humanitaire et le social. Il s’agit uniquement d’une mise à l’abri ponctuelle, sans aucune plus-value pour les sans-abri, notamment en terme de réinsertion ». En effet, dans un tel cas de figure, ces derniers seraient reconduits dans la rue au matin et contraints de rejoindre un nouveau centre la nuit suivante. Une « fausse solution » pour Nicole Maestracci. « Gérer l’urgence ne sert à rien, fulmine-t-elle. C’est un serpent qui se mord la queue ! Sans politique publique cohérente sur le long terme le nombre de personnes dormant dans les rues ne diminuera pas. ».
Au centre de stabilisation de Neuilly-sur-Marne, le constat est le même, mais on préfère en rire. Pour Saïd Remli, animateur au centre, qui réalise un documentaire sur la réinsertion des SDF :« c’est comme le pilote d’un avion qui verrait le voyant indiquant une panne s’allumer mais se contenterait de changer l’ampoule. Si on se limite à l’hébergement obligatoire, on passe à côté de l’essentiel ».





