Aux Etats-Unis, les produits dérivés « Obama » partent comme des petits pains. En France, où ils sont plus rares, on se les arrache carrément. Surtout depuis l’élection du candidat démocrate.


Dans les quartiers bobos de Paris, les rares boutiques qui proposent des T-shirts de créateurs en série limitée à l’effigie du premier président noir des Etats-Unis sont en rupture de stock.

La boutique Auguste Paris, dans le 11ème arrondissement, n’échappe pas à la règle. Depuis que le candidat démocrate a été proclamé vainqueur, le phénomène s’est accentué. « Des gens viennent tous les jours. J’ai même eu des gens qui étaient à New York la semaine dernière et qui m’en ont demandé parce qu’ils n’en ont pas trouvé là-bas », déclare le gérant Sylvain Dauphin.

Ce détaillant de la marque Obey savait qu’il écoulerait facilement ses 250 T-Shirts de la marque à l’effigie d’Obama. Il n’avait pas prévu, en revanche, qu’il n’en aurait plus dès la première quinzaine d’octobre.

Le modèle de la marque Obey est le T-shirt officiel du Parti démocrate. Celui qui a inspiré l’affiche de campagne du candidat démocrate. Mais à Paris, les points de vente qui proposent ce produit se comptent sur les doigts d’une main.

Le T-shirt Obey/Obama est généralement proposé à 45 euros. Mais la majorité des boutiques exploitent sa rareté. Elles s’accordent une marge confortable en le revendant 60 euros.

Une part des ventes est reversée au Parti de Barack Obama pour couvrir les frais records de sa campagne : 639,2 millions de dollars. Combien d’euros vont au Parti démocrate pour chaque T-shirt vendu ?  Sylvain Dauphin n’en a aucune idée.


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Sylvain Dauphin, gérant de la boutique Auguste Paris, détaillant de la marque Obey

À la Dorothy’s gallery, toujours dans le 11ème, l’affluence est considérable depuis le vernissage de l’exposition « Barack Obama in Paris »,  le 3 octobre dernier. La vente des produits dérivés en tout genre n’a cessé de croître et l’élection du candidat démocrate a accru cette « Obamamania », d’après la propriétaire de la petite galerie, Dorothy Polley. À l’heure actuelle, les tableaux se vendent bien et les produits dérivés rapportent en moyenne 350 euros par jour, ajoute la galeriste.

Dorothy Polley ne reverse pas directement les bénéfices de ces produits au Parti démocrate. La loi interdit à son entreprise de financer directement Obama, d’après elle. La galeriste finance donc la campagne avec ses propres revenus.

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Dorothy Polley, propriétaire de la Dorothy’s Gallery

La marque de prêt-à-porter Authentic Vintage empoche la totalité des bénéfices des t-shirts en série limitée « Authentic Vintage for Obama » à 39 euros. Qu’importe. Les 500 exemplaires sont partis très vite.

Le symbole Obama fascine. Sa jeunesse et sa modernité sont une aubaine pour les créateurs de mode, à condition de ne pas trop se mouiller : « on a été contactés par le Parti démocrate. Ils nous demandé si on préparait un t-shirt pour la victoire. Nous, politiquement, on ne pouvait pas s’avancer. On n’allait pas lancer 500 ou 1000 T-shirts sur la victoire de Barack Obama ». tempère Dimitri Francelet, responsable de la production d’Authentic Vintage.

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Dimitri Francelet, responsable de la production d’Authentic Vintage


Farid Mahmoudi et Elise Grandjean