Une blonde à la barre
19 février 2009 à 16h22
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Samantha Davies a été la troisième concurrente à boucler le Vendée Globe samedi dernier, une belle performance pour la navigatrice qui a démontré un enthousiasme à toute épreuve lors de ce tour du monde en solitaire.
Il y a un mois, il fait moche, il fait gris, il fait froid. Et pourtant l’air de « Girls just want to have fun » de Cindy Lauper s’élève dans le Pacifique Sud. Sur le pont, Samantha Davies danse, vêtue d’une combinaison à des miles d’un justaucorps fitness. La Britannique s’apprête à passer le Cap Horn, un passage symbolique dans la course du Vendée Globe. Quelques semaines plus tard, le jour de la Saint-Valentin, la jeune femme rompt avec la solitude de l’océan pour amarrer aux Sables d’Olonnes, où elle est fêtée comme une héroïne. Ça tombe bien qu'elle arrive le 14 février, elle qui aime « le rose, ses chats et la Saint-Valentin », s'amuse Jeanne Grégoire, amie et coéquipière.
Pendant trois mois, la navigatrice de 34 ans a marqué cette « course de mec » où il en faut pour aller jusqu’au bout. « Sam » et sa compatriote Dee Caffari sont les seules et uniques représentantes de la gente féminine à avoir pris le départ le 9 novembre 2008 et à finir la course, alors qu’une vingtaine de concurrents ont dû abandonner en cours de route.
Samantha boucle son tour du monde en beauté, en étant la troisième concurrente à franchir la ligne d’arrivée, treize jours après « Mich », le grand vainqueur du Vendée Globe. Vieux loup de mer épaté par la performance de la navigatrice. « Desjoyeaux est admiratif de la façon dont elle a mené le bateau et de la façon humaine qu’elle a de le faire, toujours avec le sourire, totalement décontractée », explique Denis Horeau, directeur de la course.
La belle a toujours gardé le sourire. Pas de sèche-cheveux à bord ? Elle en demande un dans une lettre au Père Noël. Mais il semblerait que celui-ci se soit perdu dans l’Océan Indien, alors rien de tel que le souffle chaud d’un tuyau de la machinerie du bateau pour faire office d’accessoire de beauté. Des moments du quotidien qu’elle a partagés avec ses proches et des internautes en postant régulièrement textes et vidéos sur son blog.
Avec tous ces messages pleins de joie de vivre, on en oublierait presque que la course n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour la jeune femme. Malgré les cadeaux de ses proches soigneusement rangés en fond de cale, la nuit de Noël fut loin d’être une partie de plaisir. Son bateau Roxy, pris dans la tempête, a été chahuté façon machine à laver. Mais jamais elle n’a songé à abandonner la course. Souvent ce sont les éléments mêmes qui lui faisaient signe de ne pas abandonner. A plusieurs reprises, Sam a navigué aux côtés des dauphins. Pour les marins, si l'on va dans le même sens qu'eux, c'est que le bateau est sur la bonne voie.
La recette de ce parcours réussi est simple : une pincée de chance, une sacrée dose de persévérance et une bonne louche de préparation. « Sa place de troisième est due en grande partie à son travail. Avec Michel, c’est la concurrente qui s’est le mieux préparée », assure son compagnon Romain Attanasio, marin lui aussi.
Depuis trois ans, fini les soirées DVD en amoureux. L’essentiel de son temps était consacré à l’organisation de son tour du monde en solitaire. Son diplôme en sciences de l’ingénieur du Saint John’s College de Cambridge est un sacré atout en poche pour passer trois mois en mer. «Tous les navigateurs maîtrisent la météo, mais Sam la maîtrise mieux que d’autres », poursuit Romain.
Samantha Davies a perfectionné son bateau. Ce beau 60 pieds âgé de huit ans a déjà gagné deux fois le Vendée Globe : en 2000 avec Michel Desjoyeaux, déjà, et quatre ans plus tard avec Vincent Riou. Roxy avait donc besoin d’un petit coup de jeune. Pour optimiser le monocoque, le moussaillon à tête blonde a ajouté deux dérives latérales. Ce qui lui a permis de rivaliser avec les bateaux plus récents, mais plus fragiles.
Au-delà de l’aspect technique, Samantha Davies a aussi customisé l’intérieur de Roxy avec des images de flamants roses, son animal préféré. Histoire de faire comme à la maison. Elle a aussi emporté son petit canard jaune, à la fois fétiche et gris-gris, qui ne la quitte plus depuis son Figaro avec Jeanne Grégoire, qui a elle, un petit canard rose. Le jour du départ, elle n’a pas oublié d’enfiler des chaussettes rouges, en hommage à Peter Blake, navigateur qu’elle admire.
A bord, le confort est resté spartiate : repas lyophilisés et fromage en tube au menu. Alors elle s'improvise de petits gueuletons. Son pêché mignon en mer c'est un pain grillé avec du thon et de l'huile d'olives. Heureusement, elle a pu emporter des sachets de thé, le Earl Grey Bergamote qu’elle aime tant. Quand les vagues lui laissent un peu de répit, elle en profite pour lire le livre que son grand-père, commandant de sous-marin, n’avait jamais pu finir d’écrire.
Dans la famille Davies, la mer est une passion qui se transmet de génération en génération. Une semaine après avoir vu le jour, elle était déjà à bord du bateau de ses parents. « A 14 ans, raconte Jeanne Grégoire, elle était fière de barrer le bateau de ses parents, d’entrer dans le port et se targuait d’être le skipper du voilier ». Il semblerait qu’elle n’ait jamais rêvé d’autre chose que de la mer. Denis Horeau se souvient : « Petite, elle aimait la brise ». Son amour des vagues et du vent devrait la mener vers d’autres belles aventures. Peut-être au prochain Vendée Globe? Son amoureux, qui rêve aussi de se frotter à la plus prestigieuse course en solitaire, s’était amusé avant qu’elle parte : « Dans quatre ans, il faudrait qu’on soit tous les deux au départ du Vendée Globe ».
Céline Hussonnois et Claire Debuyser
Il y a un mois, il fait moche, il fait gris, il fait froid. Et pourtant l’air de « Girls just want to have fun » de Cindy Lauper s’élève dans le Pacifique Sud. Sur le pont, Samantha Davies danse, vêtue d’une combinaison à des miles d’un justaucorps fitness. La Britannique s’apprête à passer le Cap Horn, un passage symbolique dans la course du Vendée Globe. Quelques semaines plus tard, le jour de la Saint-Valentin, la jeune femme rompt avec la solitude de l’océan pour amarrer aux Sables d’Olonnes, où elle est fêtée comme une héroïne. Ça tombe bien qu'elle arrive le 14 février, elle qui aime « le rose, ses chats et la Saint-Valentin », s'amuse Jeanne Grégoire, amie et coéquipière.
Pendant trois mois, la navigatrice de 34 ans a marqué cette « course de mec » où il en faut pour aller jusqu’au bout. « Sam » et sa compatriote Dee Caffari sont les seules et uniques représentantes de la gente féminine à avoir pris le départ le 9 novembre 2008 et à finir la course, alors qu’une vingtaine de concurrents ont dû abandonner en cours de route.
Samantha boucle son tour du monde en beauté, en étant la troisième concurrente à franchir la ligne d’arrivée, treize jours après « Mich », le grand vainqueur du Vendée Globe. Vieux loup de mer épaté par la performance de la navigatrice. « Desjoyeaux est admiratif de la façon dont elle a mené le bateau et de la façon humaine qu’elle a de le faire, toujours avec le sourire, totalement décontractée », explique Denis Horeau, directeur de la course.
Blog-Trotteuse
La belle a toujours gardé le sourire. Pas de sèche-cheveux à bord ? Elle en demande un dans une lettre au Père Noël. Mais il semblerait que celui-ci se soit perdu dans l’Océan Indien, alors rien de tel que le souffle chaud d’un tuyau de la machinerie du bateau pour faire office d’accessoire de beauté. Des moments du quotidien qu’elle a partagés avec ses proches et des internautes en postant régulièrement textes et vidéos sur son blog.
Avec tous ces messages pleins de joie de vivre, on en oublierait presque que la course n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour la jeune femme. Malgré les cadeaux de ses proches soigneusement rangés en fond de cale, la nuit de Noël fut loin d’être une partie de plaisir. Son bateau Roxy, pris dans la tempête, a été chahuté façon machine à laver. Mais jamais elle n’a songé à abandonner la course. Souvent ce sont les éléments mêmes qui lui faisaient signe de ne pas abandonner. A plusieurs reprises, Sam a navigué aux côtés des dauphins. Pour les marins, si l'on va dans le même sens qu'eux, c'est que le bateau est sur la bonne voie.
La recette de ce parcours réussi est simple : une pincée de chance, une sacrée dose de persévérance et une bonne louche de préparation. « Sa place de troisième est due en grande partie à son travail. Avec Michel, c’est la concurrente qui s’est le mieux préparée », assure son compagnon Romain Attanasio, marin lui aussi.
Depuis trois ans, fini les soirées DVD en amoureux. L’essentiel de son temps était consacré à l’organisation de son tour du monde en solitaire. Son diplôme en sciences de l’ingénieur du Saint John’s College de Cambridge est un sacré atout en poche pour passer trois mois en mer. «Tous les navigateurs maîtrisent la météo, mais Sam la maîtrise mieux que d’autres », poursuit Romain.
Pied marin
Samantha Davies a perfectionné son bateau. Ce beau 60 pieds âgé de huit ans a déjà gagné deux fois le Vendée Globe : en 2000 avec Michel Desjoyeaux, déjà, et quatre ans plus tard avec Vincent Riou. Roxy avait donc besoin d’un petit coup de jeune. Pour optimiser le monocoque, le moussaillon à tête blonde a ajouté deux dérives latérales. Ce qui lui a permis de rivaliser avec les bateaux plus récents, mais plus fragiles.
Au-delà de l’aspect technique, Samantha Davies a aussi customisé l’intérieur de Roxy avec des images de flamants roses, son animal préféré. Histoire de faire comme à la maison. Elle a aussi emporté son petit canard jaune, à la fois fétiche et gris-gris, qui ne la quitte plus depuis son Figaro avec Jeanne Grégoire, qui a elle, un petit canard rose. Le jour du départ, elle n’a pas oublié d’enfiler des chaussettes rouges, en hommage à Peter Blake, navigateur qu’elle admire.
A bord, le confort est resté spartiate : repas lyophilisés et fromage en tube au menu. Alors elle s'improvise de petits gueuletons. Son pêché mignon en mer c'est un pain grillé avec du thon et de l'huile d'olives. Heureusement, elle a pu emporter des sachets de thé, le Earl Grey Bergamote qu’elle aime tant. Quand les vagues lui laissent un peu de répit, elle en profite pour lire le livre que son grand-père, commandant de sous-marin, n’avait jamais pu finir d’écrire.
Dans la famille Davies, la mer est une passion qui se transmet de génération en génération. Une semaine après avoir vu le jour, elle était déjà à bord du bateau de ses parents. « A 14 ans, raconte Jeanne Grégoire, elle était fière de barrer le bateau de ses parents, d’entrer dans le port et se targuait d’être le skipper du voilier ». Il semblerait qu’elle n’ait jamais rêvé d’autre chose que de la mer. Denis Horeau se souvient : « Petite, elle aimait la brise ». Son amour des vagues et du vent devrait la mener vers d’autres belles aventures. Peut-être au prochain Vendée Globe? Son amoureux, qui rêve aussi de se frotter à la plus prestigieuse course en solitaire, s’était amusé avant qu’elle parte : « Dans quatre ans, il faudrait qu’on soit tous les deux au départ du Vendée Globe ».
Céline Hussonnois et Claire Debuyser












